Population ancienne :
Année / Nombre de feux (4 à 6 pers par feu) / Habitants (environ).

1464
19
95
1695
51
255
1731
45
225
1780
52
260


Démographie contemporaine :


                                                                          Années                        Habitants 

1790

355
1876
400
1883
400
1886
376
1897
302
1901
328
1921
271
1931
266
1936
260
1946
175
1954
158
1962
142
1968
122
1975
107
1982
93
1990
108

   Les hommes

   
Le Cellier du Luc fait partie du Haut Plateau Ardéchois. Les habitants ont à leur avantage un sol cristallin fertilisé par des épanchements basaltiques, mais à leur desavantage un climat rigoureux limitant singulièrement les possibilités agricoles. Ils ont hérité des vertus celtiques et sont habitués depuis toujours à batailler contre une nature sévère et avare de ses dons.
Fait essentiel : cette région fut le royaume de prédilection du régime féodal qui s'y implanta si fortement qu'il ne s'est effondré qu'aux toutes dernières générations, n'ayant changé qu'en apparence à l'époque révolutionnaire.

Là, plus qu'ailleurs, se manifeste l'amalgame hiérarchique qui régnait dans la société du Moyen-Age, groupant entre eux, pour former un tout, les soldats, les travailleurs et les hommes de prière. Cette forte coordination, cimentée matériellement et spirituellement, a permis à ces hommes de la montagne vivaroise de survivre à travers les calamités et les luttes de toute sorte. Leur travail communautaire et séculaire, nous en voyons la trace dans ce pays de forêts, de landes et de prairies, dont le grave visage contraste avec celui des terres ensoleillées de l' Ardèche méridionale, bien qu'il n'y ait entre ces deux régions qu'une distance d'une cinquantaine de kilomètres.



Les rapports humains étaient aussi d'une rudesse et d'une apreté qu'il ne faut pas édulcorer. Il en allait de même pour les emphytéotes ou tenanciers censitaires des petits mas ou domaines dépendant des abbayes montagnardes, qu'un acte du Cartulaire de Mazan de 1209 appelle les pagès, d'où dérivera le mot pagel, ou bénéficiers, pagenses et beneficiarii.
La condition des tenanciers des seigneurs laïcs était plus dure que celle des tenanciers monastiques. Ils avaient d'abord à verser le cens ou redevance annuelle, qui d'une manière générale, se payait partie en nature et partie en espèces. Ce cens était doublé à chaque changement de seigneur ou de tenancier; c'était le droit de mutation ou de succession. Dans certains endroits, ce droit de mutation représentait la treizième partie de la valeur du fonds; c'est ce qu'on appelait le "trézain".

Les tenanciers laïcs étaient par ailleurs tenus au service militaire dans les limites de la seigneurie et au guet dans le château-fort, aux corvées, par exemple une journée d'homme "manoeuvre" et deux de boeufs ("boyrade"), deux journées de fanage et deux de labourage. Ils étaient également soumis à l'aide ou taille seigneuriale.
A cette taille seigneuriale occasionnelle, dont les cas étaient déterminés par la coutume des lieux, s'ajouta pour eux à partir du début de la guerre de Cent ans, la taille royale, à verser chaque année au roi de France, dont n'étaient exempts que les " taillables et corvéables à merci ". Enfin, les cultivateurs devaient verser à l'église de leur paroisse une petite portion de leur récolte, la dîme ecclésiastique; à vrai dire, malgré son nom, cette taxe ne représentait ordinairement que la vingtième partie des fruits de la terre et des revenus du troupeau.

Les montagnards ardéchois ont su de tout temps concilier intelligemment leur triple vocation de forestiers, de défricheurs et d'éleveurs.

Les mariages entre les personnes habitant la paroisse ou ses environs et celles demeurant dans d'autres communes, étaient assez rares. Il s'ensuit que les parentés étaient fréquentes, et que beaucoup de gens portaient le même nom, voir le même prénom. On les distinguait par des surnoms. L'ensemble des habitants de chaque village étaient de même affublés de sobriquets plus ou moins moqueurs. En outre, il n'était pas rare que le fils ainé de la maison fut appelé, dès son plus jeune âge, du nom de sa famille modifié par un diminutif.
Celà indiquait la volonté du père de souligner la qualité du fils, continuateur de la maison paternelle.

Les habitants du Cellier du Luc s'appellent : Les Lucocellariens et ont pour sobriquet : Lous birounaires (Les artisans du bois).

Voici quelques sobriquets de nos voisins :

Laveyrune Lous caoutcho luno (Les briseurs de lune).
Lavillatte Lous fumas (Les fumeurs).
Loubaresse Lous escouflo bouto (Les buveurs de bouteille).
Le Plagnal Lous embasto vacho (Les tapeurs de vache).
Borne Lous saouto ron (Les sauteurs de rochers).
Saint Alban en Montagne Lous trempo lono (Les trempeurs de laine).
Saint Laurent les Bains Lous trempo quiou (Les baigneurs).
Saint Etienne de Lugdarès Lous milans (Les milans).
Huédour Lous curo bichou (les cureurs de biche)
Coucouron Lous petorabo (jouet)

 

Les Maires de Cellier du Luc

1792
Claude Jouve Cabaretier, Officier public
1792
Baptiste Sapède Cultivateur
1803
Jean Merle Greffier la commune
1832
Joseph Mathieu
1848
Augustin Mercier
1850
Pierre Assénat
1851
Joseph Terme
1860
Jean Louis Velay
1884
Jean Baptiste Palpacuer
1896
Adrien Roux
1909
Baptiste Chanial
1913
Joseph Clavel
1918
Pierre Chanial
1919
Joseph Clavel
1919
Adrien Roux
1929
Pierre Chanial
1934
Joseph Chanial
1944
Baptiste Mercier
1945
Edme Chanial
1959
Louis Palpacuer
1963
Antonin Vialle
1977
Alphonse Dubois
2008
Marie-Paule Sapède

 

 
Cellier Du Luc - A propos - 2010