.:: En savoir plus sur l'origine du nom Cellier Du Luc ::.

Le régime féodal s'implanta solidement dans les zones de montagne. L'histoire des paysans des montagnes est constamment liée à celle de leurs seigneurs et de leurs abbayes.
Les seigneurs du château de Luc exercèrent une grande influence jusqu'au XVIII ème siècle sur toute la région, dont le Cellier du Luc, les terres étant séparées par l'Allier.
L'abbaye des Chambons n'avait pas de possessions au Cellier du Luc.
Les paysans étaient malmenés par des guerres et pillages incessants, travaillant pour les seigneurs locaux, sous leur protection bien souvent abusive, sans autre choix, pour la plupart, que de subir le moindre mal.

Pour comprendre l'histoire du Cellier, il faut rappeler brièvement celle de Luc.
L'histoire Bénédictine du Languedoc mentionne que Luc fut un des endroits les plus anciennement habités de la province du Gévaudan.
Aucun écrit précise ce que devint Luc à l'époque romaine, mais il est logique de penser qu'il dût prendre de l'extension par suite de sa position sur un chemin celtique qui déjà reliait le Midi aux Montagnes du Centre, chemin qui, sous l'occupation romaine, devint une grande voie de communication "La Régordane", où passaient convois militaires, caravanes de marchands, pélerins de St Gilles, etc.

Le chateau de Luc



Marguerite d'Anduze, Dame de Portes et de Luc, hérita de cette seigneurie de Luc et par son mariage en 1207 avec un Randon, fit passer ce fief dans cette puissante famille Gévaudanaise. C'est un Randon, Seigneur de Luc, qui en 1272 fait donation à l'abbaye de Mercoire, qui conservera l'ensemble jusqu'à la Révolution, de tous ses droits sur la léproserie de Pont-de-la Veyssière, près de Langogne, actuellement sur la commune de Saint-Alban-en-Montagne. Vers 1326 Guillaume de Randon, dernier du nom à la seigneurie de Luc, donne Luc à sa fille Marquèse lorsque celle-ci épouse le Vicomte Armand VI de Polignac de l'importante famille des Polignac du Velay et du Vivarais.

Luc devint une Co-Seigneurie. Trois seigneurs se liguèrent et par la suite leur lignée, pour mieux se défendre de leurs ennemis communs. Chacun possédait une tour du château : celle du seigneur de Luc, celle du seigneur Bourdal des Choisinets, celle du seigneur d'Agrain des Hubacs. Un membre de cette dernière famille, Eustache d'Agrain, dit " l'Epée et le bouclier de la Palestine " se distingua particulièrement pendant la première croisade.
Toutes ces défenses ne découragèrent ni les soldats ennemis, ni les brigands et Luc eut à subir de nombreux assauts. En 1380, les Anglais, et leurs bandes de routiers cantonnés à Châteauneuf-de-Randon, dévastèrent la région. Arrivés devant Luc, ils assaillent le château : ils sont deux mille ! Les chevaliers de Polignac de Luc, de Bourdal des Choisinets et d'Agrain des Hubas leur opposèrent une défense acharnée. Les Anglais commencent à se replier mais font volte-face et repartent à l'assaut. Sous leur nombre,les défenseurs sont près de succomber lorsqu'arrivent en renfort les seigneurs des alentours : Jean de la Molette, Malmont de Soulages, les seigneurs de Rogleton, de Borne, d'Apchier, Modène du Roure, Balazuc, Longueville, de Morangiès et même Vernon de Joyeuse. Et ce fut la victoire.

En 1588, pendant les guerres de religion, Luc voit l'établissement d'une garnison pour s'opposer aux nombreuses courses des rebelles.
En 1629, le seigneur de Polignac avec ses sujets de Luc, sous la conduite du Marquis de la Morangiers, va délivrer Meyrueis assailli par les protestants.
Vers 1632, sans doute sous l'ordre de Louis XIII, ce fier château sera démantelé.

Revenons à l'histoire que nous connaissons du Cellier du Luc.

Vers 1300, voici le Cellier avec un certain Raymond de Luc.
Au Moyen-Age le Cellier est compris dans le mandement de Saint Etienne de Lugdarès.Luc relevait du temporel de l'évêque du Puy ainsi que le Cellier, Lespéron, Pradelles, tandis que le spirituel était laissé pour Luc à l'évêque de Mende et pour le Cellier à l'évêque de Viviers. Divers hommages rendus à l'évêque du Puy par le vicomte de Polignac au sujet de la baronnie de Luc font mention du Cellier du Luc.

En 1384, Jousserand Rouchon, de Pradelles, reconnait tenir en fief franc des censives ou rentes annuelles sur le mas de Cellier du Luc.
Un arrêté du 20 mars 1514 du Parlement de Toulouse, condamne messires Guillaume et Claude Chalencon ... à payer à messire Armand,vicomte de Polignac, diverses sommes en compensation du Fruit indûment perçu sur les terres de Randon, Chateauneuf de Randon, Luc, le Cellier du Luc etc, ... en 1509.
Au XVI ème siècle, le seigneur était un FABRE de Cellier du Luc.
Plus tard, le Cellier devint la propriété des Agrains des Hubacs,et au XVIII ème siècle, des de Fages.
Avant 1754, le village actuel formait une communauté relevant d'abord du baillage royal du Velay ; à cette date il fut englobé dans la subdélégation du Bas Vivarais ayant pour siège Joyeuse, sénéchaussée de Villeneuve de Berg, paroisse du diocèse de Viviers, archiprêtrée de Sampzon, officialité de Pradelles.

Le 6 mars 1790, le département de l'Ardèche est constitué avec Privas comme chef-lieu. Il est divisé en 7 districts, 37 cantons, 334 communes. Le Cellier du Luc fait partie du district de Largentière et du canton de Saint Etienne de Lugdarès.

Les territoires féodaux constituèrent, dans la succession de leurs propriétaires, des enchevêtrements de terres s'imbriquant les unes à côté des autres.
A la suite d'héritages, mariages ou aliénations diverses, il était normal de voir des villages situés dans une possession seigneuriale, dépendre d'une autre seigneurie, parfois même éloignée.
Ce fut le cas de la seigneurie de Lembrandès qui échut par droit de succession à Pierre Grégoire, d' Ispagnac en Gévaudan en 1411.

Le 8 Mai 1697, les habitants de Luc, en commun, passent reconnaissance au seigneur de Lembrandès, Maître Louis DEBUISSON, seigneur de Ressouches. Ils reconnaissent le droit qu'il vient de leur être accordé. A savoir :
" Est le droit, liberté, faculté et privilège de faire dépaître leurs bestiaux gros et menus... dans le terroir du seigneur de l'Embrandès, appelé de Combe Chastel, dans les appartenances dudit domaine de Lembrandès en la paroisse de Cellier du Luc, depuis le pont dudit lieu, jusqu'au chemin qui va du lieu de Labro dudit Cellier ... la faculté et privilège de cultiver dans toute l'étendue dudit terroir, conformément à l'acte passé le 6 May 1554 par Anthoine de GREGOIRE, seigneur de Lembrandès. Les habitants de Luc sont tenus de payer au seigneur de Lembrandès en sol pour les herbages, par habitant.
Acte passé devant Maître François MATHIEU, notaire royal de Luc, le 8 Mai 1697.
A ce jour, cet indivis persiste et '"gèle" ces quelques 70 hectares.

Parfois même, le terrain d'une localité était sous la dépendance de plusieurs seigneurs, ne bénéficiant chacun que d'une partie des droits afférents à sa possession. Par exemple, le château de Luc avait trois co-seigneurs.

Cellier Du Luc - A propos - 2010